Les conservateurs et Kyoto

 

Non-respect de Kyoto :

profits dans l’Ouest et représailles dans l’Est

 

Texte de Serge Cardin, publié le 1er octobre 2008 sur le Blog du Bloc Québécois

Les conservateurs tentent de nous laisser croire que si on se préoccupe de l’environnement, l’économie sera dévastée, que les conséquences seront épouvantables ! Quand ils pensent ainsi, c’est avec une perspective d’Albertains. Il y a des coûts économiques au reniement de Kyoto et ils risquent de s’appliquer d’abord au Québec et en Ontario dont les produits pourraient être frappés de droits de douane accrus en Europe.

L’absence de vision des conservateurs et leur incapacité à penser aux générations futures sont scandaleuses. Heureusement, les Québécois ne sont pas dupes ! Ils ont compris que l’exploitation tous azimuts des sables bitumineux aura un prix sociétal beaucoup plus grand que les profits astronomiques actuels des grandes compagnies pétrolières.

En plus de renier sa parole aux yeux du monde, le Canada a mis en péril la compétitivité de ses exportations ! En effet, le président de la France et actuel président de l’Union européenne, Nicolas Sarkozy, fait énormément de pression pour que l’Union européenne impose des tarifs aux pays qui seront coupables de dumping environnemental.

Est-ce un risque réel ? Cette menace du président Sarkozy doit-elle être prise au sérieux ? En tout cas, il l’a réitérée récemment lors d’une rencontre de tous les intervenants français majeurs intéressés à la question.

À cause des piètres performances canadiennes en matière d’environnement, le Québec ne pourra probablement pas obtenir de relations commerciales privilégiées avec l’Union européenne comme les gouvernements québécois le souhaitent depuis longtemps. Le Québec a fait les efforts nécessaires pour respecter sa partie des engagements pris par le gouvernement de Paul Martin envers le protocole de Kyoto à la suite des pressions du Bloc.

Parce que les pétrolières ont reçu des conservateurs leur sauf-conduit pour continuer à polluer, tous ces efforts auront été faits en vain sur le plan international. C’est scandaleux !

Or, qu’en pensent les principaux intéressés ? Les grandes industries canadiennes considèrent essentiel de mettre en place des mesures afin « de tirer profit des grands mécanismes du protocole de Kyoto ». C’est ce qui ressort d’un rapport soumis confidentiellement en février au gouvernement Harper par le Groupe interprovincial et industriel sur les réductions de gaz à effets de serre (GES).

Ce rapport, produit sous la coordination de ICF International de Toronto, traduit un consensus sans précédent dans la communauté des affaires et parmi les provinces. Ses travaux conjoints ont démarré en juin 2006 sous la coprésidence de l’Alberta et de Spectra Energy. Surprenant non ? Les grandes industries veulent que le Canada respecte l’accord de Kyoto. Pourquoi M. Harper nous fait-il croire le contraire ?

Dans le contexte actuel où le Québec ne peut avoir le luxe de demeurer dépendant du marché américain en crise, les conservateurs sont irresponsables de risquer qu’on nous ferme les portes du marché de l’Union européenne. Les dangers économiques du non-respect du Protocole de Kyoto sont plus grands que ceux de s’y conformer.

Puisque le Québec a choisi de respecter Kyoto, la souveraineté du Québec permettrait d’éviter l’imposition de tarifs de la part de l’Union européenne.

J’estime que tout gouvernement qui refuse de prendre ses responsabilités face aux gaz à effet de serre (GES) et autres problèmes environnementaux met en péril la pérennité de l’humanité. Qu’en dites-vous ?